UN VOYAGE HUMANITAIRE POUR REMERCIER LA VIE
Publié par pierrejacquesgauthier dans Actualité, Amérique centrale, Société, Voyage humanitaire, tags: guatémala, pauvreté dans le monde, Voyage humanitaire
Dans ce monde qui est le nôtre, nous avons eu la chance de vivre dans un pays où il fait bon vivre. Nous mangeons trois fois par jour une nourriture si variée que le nom de certains aliments nous échappe. Il nous est permis de se réaliser dans le sport, le travail, la famille et les rêves les plus fous parfois. Nous avons droit aux vacances et si la vie est bonne, sans compter les années s’additionnent avec une retraite sans soucis financiers. En cas de problème de santé, financier, de désastre, d’accident ou de perte d’emploi, nous sommes protégés, aidé dans un pays stable politiquement, sans tremblement de terre ou de vent déchaîné.
Et dans d’autres lieux, au sud et à l’est ou à l’ouest, se trouvent des hommes, des femmes et des enfants qui n’ont qu’un repas par jour, toujours la même nourriture, jour après jour et parfois aucune. Dans certains pays, voir le lever du soleil du lendemain représente l’espoir, avoir un travail est un privilège, avoir un médicament, un don de Dieu et vivre au Canada, un rêve inaccessible.
Alors, parmi ces milliards de gens, nous pouvons reconnaître notre privilège. Nous pouvons remercier la vie en donnant un peu de notre chance, de notre abondance, de tous ces biens dans nos greniers, de nos garde-robes qui sont devenus des «walk-in», de nos garde-manger et de ces héritages de richesse que nous transmettons à nos enfants comme des valeurs nous ayant rendu peut-être finalement aveugle.
Nous pouvons donc dire merci à la vie. L’une des façons, si cela nous est possible, est d’aller donner un peu de notre temps, le don de soi aux sans-abri près de chez nous, aux enfants de d’autres pays, seuls, sans nourriture ou sans souliers, aux malades et aux autres millions de gens dans le besoin. L’aide humanitaire peut se faire par des OMG ou des projets plus modestes de notre propre initiative, notre expérience personnelle de travail, nos aptitudes, nos moyens financiers et nos contacts. Nous pouvons simplement, lors d’un voyage de vacances, transporter une valise de plus remplie de trésors de notre abondance devenant un don du ciel de première importance pour ces gens qui n’ont rien.
Ce qu’il y a de plus formidable après avoir remercié la vie, c’est que l’on se rend compte que nous avons reçu plus encore et avons grandi car il y a ceux qui vieillissent et ceux qui deviennent de vrais grands pour un monde meilleur.
Ces pays ne sont pas si loin de nous, tel que le Guatemala que j’ai choisi pour remercier la vie, à cinq heures d’avion de ma routine quotidienne. Là -bas, ils ont connu trente-cinq ans de guerre civile et la violence y est encore beaucoup plus présente que chez nous. En terminant, j’ai le goût de vous partager ce que j’y ai vu dans une de ces rues et année après année, je suis revenu dans cette rue, côtoyer ses gens qui en ont tellement besoin.
Donc, perché sur le toit d’une maison qui n’est pas la mienne, dans un pays où je ne suis qu’un visiteur, je regarde une vieille dame, le dos courbé, aux cheveux grisonnant, marcher vers sa demeure. Elle y a peut-être élevé ces quatre enfants que j’imagine. Qui était son mari? A-t-il été bon pour elle? Est-il mort dans ces années passées sombres de la guerre?
Il y a tellement de portes, de barreaux, de murs et de barbelés nourris par la peur. Cette rue si calme en cette matinée ensoleillée me parle de sa vie. Soudain, une autre vieille dame, une petite fille aux bras de sa mère et bien d’autres passants dans celle-ci me nourrissent. Je leur envoie la main, nos regards se croisent et nous voilà comme de vieilles connaissances.
Un couple nouveau revient de la petite épicerie du coin. Leurs enfants, un jour, joueront à leur tour dans la cour ou fêteront dans la vie ce jeu dangereux nourrissant leur cÅ“ur d’enfant. Les voitures passent, s’arrêtent devant les monticules et repartent.
Les gens marchent et marchent comme un rituel, tantôt le panier sur la tête, tantôt bavardant ou marchant seul d’un air décidé allant au travail. Un homme passe comme un chasseur avec un coq sur le dos. Dans cette vie, il marche tellement plus que chez moi. Dans un parc pas très loin, j’y ai vu un homme et son fils de dix ans, cireurs de souliers usés.
Voilà un chien errant, fouillant dans tous ces papiers, bouteilles et morceaux de plastique, espérant trouver un peu de reste de table. Un oiseau vient me dire bonjour puis prend son envol. Ha! si les murs pouvaient me parler, racontant leurs histoires. Pourquoi y a-t-il toutes ces constructions inachevées comme des projets pour d’autres générations où la pauvreté a ralenti leurs rêves?
Cette rue aurait pu être la même pour mes souvenirs d’enfance. Mais quelle importance, elles sont toutes reliées les unes aux autres comme chacune de nos vies. Je fais maintenant partie de son histoire et elle de la mienne.
J’y ai vu l’amitié, l’amour, la fatigue des pas, des jeux d’enfants, des mendiants et bien plus. Perché sur le toit, j’ai vu la vie comme un intrus et j’ai aimé ça, car dans cette rue, il y avait un marchant de glace ambulant comme dans la rue de mon enfance. Dans cette rue, j’y ai grandi pour être un homme meilleur en remerciant la vie.















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