POUR VOIR ENTRE CIEL ET TERRE

Pour voir le courage des grands départs et le chant du premier cri avant la fée des dents, ce lieu existe loin des jours où les chapitres de notre livre d`histoire sont inconscients de la fin.  En ce lieu de compassion, les regards se croisent sans ces murs inutiles de la richesse, d`égoïsme, de la religion et de la différence.  Ici la souffrance nous parle pour nous dire que le temps est peut-être venu ou pour éveiller notre conscience de notre vie éphémère.

 

Pour voir la vie partir, il y a les couloirs où se trouvent les civières qui mènent parfois au cimetière.  Pour voir les jardins de rose et sentir le vent de l`été, il ne faut pas venir, ici l`on ne souffre pas d`éclat de rire très souvent.  Dans ces couloirs entre l`ombre et la lumière où entre le ciel et la terre, la caresse des anges accompagne parfois les âmes dépouillées de leur corps trop vieux.

 

Pour entendre la sincérité des mots et des gestes des gens pouvant nous suivre pour dix mille ans comme un « je t`aime », il y a ces murs où des gens de cœur y travaillent pour guérir, nous dire si c`est un garçon ou une petite fille, mais aussi briser parfois la solitude et l`inquiétude du grand départ.

 

Pour voir la pauvreté de l`ambition, toutes ces guerres inutiles, la grandeur de l`âme pour un monde meilleur ailleurs peut-être, il y a ces couloirs entre le ciel et la terre.

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LES ARBRES TOMBENT

Avant nous vivaient les arbres dans des forêts, des plaines, des montagnes, dans des marécages, le long des plages et dans des jungles danses. Avant nous, ils ont survécu aux longs hivers, aux dinosaures, à la sécheresse et à des saisons de pluies où la terre est devenue mer. Là où il y avait des milliards d’arbres, le vent a soufflé et des centaines d’entre eux sont tombés. Sur la terre, la foudre du destin venue du ciel a enflammé et brûlé des milliers d’arbres. Puis, d’autres printemps suivis de l’été sont venus et ils ont repoussé.

 

Le grand chêne nous a invités à monter sur ses branches pour voir plus loin. L’érable nous a offert son eau de vie chaque printemps. Le saule pleureur nous a donné l’ombre désirée. Le grand orme nous a protégé du vent, du froid et nous y avons pris demeure. Nous avons appris à traverser les grands océans en utilisant leur force de l’écorce jusqu’à leur cœur.

 

Là où il y avait des milliards d’arbres, l’homme est venu, a vécu et écrit son histoire sur le papier créer par la farine des arbres. En ce temps de leur histoire, des millions d’entre eux sont tombés des coups d’une guerre à sens unique. Toutes ces terres où ils vivaient ici et ailleurs, l’on peut voir de nouveaux déserts, des rivières devenues des cimetières de grands troncs et des montagnes nues, fondues sous la pluie que les ruisseaux amènent jusqu’à la mer.

 

Là où l’homme a passé, l’arbre ne pousse plus et les animaux qui y habitaient sont partis vivre ailleurs ou sont disparus à jamais. Alors, où mènent tous ces chemins, ces routes?

 

Là où je vis, dans la maison sous les arbres, cette route a emmené l’homme jusqu’à moi et les arbres sont tombés sans que je ne puisse les sauver.

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LE BONHEUR

Le bonheur est cette grande paix où l’équilibre est parfait. Il est ce moment ou l’on voyage en ce lieu unique de l’espace-temps seul ou avec une personne complice. C’est ce sentiment d’être arrivé, d’avoir accompli, de retrouver enfin ce que l’on avait perdu. Le bonheur est présent en cette lumière nous éclairant à l’intérieur quand l’on a compris, pardonné et que l’on aime au-delà de soi rempli aussi de compassion.

 

Le bonheur ne vient pas à nous, car il vient de nous, il n’est pas un chemin, il est une porte dont la clé est en nous. Il n’est pas une recette, mais à la fois la sagesse et le battement du cœur. Il est l’équilibre trouvé éphémère en ce corps qui sera peut-être éternel au-delà.

 

Le bonheur est ce paradis que l’âme cherche à travers les dangers du cœur. Il est une musique, une tendresse, une douce brise, une goûte d’eau et la chaleur du soleil noyant le frisson. Il se trouve aussi entassé entre deux corps, avec le sourire d’un enfant et dans les yeux de l’espoir.

 

Le bonheur est trompeur à l’image d’une larme glissant sur notre joue au nom de sa présence en nous. Il est peut-être reconnu trop tard après l’avoir perdu dans ce moment de nostalgie. Il est présent dans le courage contre le mal et dans la vérité tuant le silence de la peur.

 

Le bonheur est dans ce temps retrouvé avant de devoir partir, mais n’oublions pas qu’il ne peut être en toi sans avoir versé une larme un jour.

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POUR CE PREMIER BAISER

Pour avoir autant cru aimer

J’ai pleuré à noyer mon âme

Sur les eaux j’ai navigué

Puis chaviré de trop de larmes

 

Pour avoir cru te reconnaître

J’ai fait l’amour à mille visages

Pour ce rêve au nom d’une fleur

Je me suis perdu dans ma douleur

 

Pour autant de temps avant toi

Je n’aurai fait que passer

Pour ce premier baiser tant aimé

Qu’après l’été tu m’as donné

Pour ne pas t’avoir vu avant

Je demande pardon pour mille ans

 

Pour tout le temps qui reste à faire

Je t’aimerai entre ciel et terre

Je te réserverai mon cœur

Pour tous mes autres… je t’aime

 

Je sais maintenant, oui je le sais

Que mon chemin allait vers toi

Pour ce destin sans fin… enfin

Nous pouvons arrêter le temps

Au nom de ce premier baiser

 

JOYEUSE SAINT-VALENTIN!

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UN HOMME VENU DE L`OUEST VEUT UN PAYS, UNE LANGUE

La démocratie au pouvoir partagé où un gouvernement minoritaire freine les excès des inégalités et des aspirations au détriment des minorités.   Dans l`histoire de l`humanité, les exemples sont nombreux des temps pauvres où le pouvoir trop grand bascule cet équilibre.  L`idéal du faux semblant pouvant agir sans la contrainte du manque de pouvoir pouvant lui enlever son trône lui donne la liberté de créer les guerres sans bataille.

 

Un homme peut avec son charisme et son idéal éveiller un peuple qui se sent appeler à se lever debout pour se protéger et pour un avenir à son image.  René Lévesque en est un bon exemple.  D`autres croyaient à deux peuples vivant ensemble égaux peuvent nous dire : imagine d`un océan à l`autre cette terre où deux langues sont parlées dans nos écoles, sur le ban de justice, là où un navire est en détresse, pour le service public d`un seul peuple d`est en ouest.  Même parti en vacances à plus de mille kilomètres, tu te sentirais chez toi.

 

Mais le danger du vrai visage d`un premier ministre ayant un idéal d`une seule langue avec le pouvoir de retourner dans l`oubli des décennies d`effort d`égalité peut remettre en question cette possibilité de notre histoire.  Un homme comme Gandhi peut éveiller un peuple vers sa liberté, mais un homme des grandes plaines de l`Ouest peut aussi par ses gestes inacceptables briser ce peuple français face à son identité.  Un peuple peut se lever et se réveiller face à son destin menacé.

 

En ces années 2011 et 2012, nous devons nous réveiller et nous lever pour protéger cette terre et ce fleuve où l`on parle français.  Il faut avoir le cran de dire « non » au nom du bateau en détresse, de cette justice suprême anglaise et de tous nos efforts d`égalité à sens unique que nous avons faits.

 

De son royal fauteuil où il nous regarde de si haut, il soulèvera cette fièvre malgré que la France ne chante plus en notre langue et malgré l`internet anglophone dans toutes nos maisons.  Nous allons chanter de nouveau ce chant en français disant à nos enfants ces mots faisant écho dans notre histoire.  Quand dans notre maison, nous ne sommes pas respectés dans une autre langue que la nôtre, nous devons nous lever pour ne pas perdre notre langue, notre fierté, notre chanson et notre raison.

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LA BEAUTÉ DE LA VIE

La beauté des petites choses c’est d’ouvrir les yeux le matin dans son lit et de rester cinq minutes de plus. C’est de pouvoir se souvenir de quelqu’un dire notre prénom comme un mot gentil. C’est de regarder le vol de l’oiseau de mer et se sentir libre de nos choix où nos pas font le chemin des chapitres de notre livre d’histoire. C’est aussi de partager quelques cadeaux, de petites choses pour une fête, mais c’est avant tout de croire à demain.

 

La beauté de la vie, c’est d’avoir le fou rire sans comprendre pourquoi et de partager nos jours avec les gens que l’on aime. C’est de se prélasser dans son bain ou dans d’autres moments que l’on voudrait sans fin. C’est de prendre la main dans le besoin, oubliant notre peur ou notre douleur. Et la beauté du cœur, c’est ce geste humanitaire posé par compassion et pour remercier la vie.

 

La beauté de la sagesse, c’est de reconnaître notre chance et la musique du bonheur quand les autres sont dans l’ombre des marches de leur ascension. C’est d’être un ami avant d’avoir besoin d’un copain dans un faux pas. C’est quand notre enfant, nous tenant la main, nous voit comme un vrai grand. Puis, c’est de noyer l’égoïsme en notre âme présente en nous depuis les premiers pleurs de notre enfance.

 

La beauté d’avoir vieilli, c’est le sentiment d’avoir écrit une belle histoire. C’est d’entendre au bout du chemin « tu es beau mon amour ». C’est cette sagesse acquise de notre jeunesse pour les pas difficiles de notre vieillesse.

 

La beauté de vivre chaque instant, c’est l’enfant comptant les nuages comme le temps qui passe et de voir Dieu dans leurs yeux. C’est de vivre chaque moment comme un privilège sans la réponse à la raison de notre venue.

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LES MOTS DE MON PAYS

drapeauIl n’y a pas de mots plus beaux que ceux appris aux premiers pas de notre enfance, ces mots de nos premiers souvenirs où l’on a appris à dire « je t’aime ». Il n’y a pas de plus belle langue que celle ayant dit notre prénom remplie de tendresse. Ainsi, notre histoire est notre maison, notre quartier où nous avons appris à communiquer, à fredonner le chant de liberté au nom d’une chanson et d’un rêve.

 

De Montréal à Québec puis vers Chicoutimi ou la Gaspésie, les expressions sont les couleurs de notre coin de pays. Quand je reviens de plus loin, de Vancouver, Ottawa ou d’une autre frontière, je sais que je suis revenu lorsque l’on me dit ces mots si harmonieux. L’enfant en moi ne peut oublier mes premiers jours d’école où j’ai appris à écrire mes larmes, mes joies, mes désirs et tellement plus.

 

Alors je suis ces mots qui coulent en moi et qui ont appris à raconter la vie dans ces livres ne pouvant être traduits où l’âme de tous ces mots serait perdue.

 

Parle-moi encore ainsi qu’à mes enfants après moi en ces mots de la France lointaine qui semble se perdre dans d’autres mots. Parle-moi ce français de chez moi qui ressemble tellement à un poème me parlant de mon pays, ma maison, ma raison.

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2012

Entre le ciel et la terre nous allons voyager 366 jours laissant derrière nous ce temps déjà passé.  Une nouvelle année est source de curiosité face à demain, c`est aussi le moment des vœux invitant l`espoir d`un monde meilleur et des résolutions remplies de promesses.  Nous avons même un jour de plus pour réaliser nos prouesses.

 

2012 dit à 2011 que son temps est passé, remplie d`orgueil de faire mieux qu`elle.  Ce sera une année de prédictions, de projets, de rêves et d`espoir.  Beaucoup nous diront « au revoir » et des millions d`autres arriveront choisissant une date d`anniversaire qu`ils souhaiteront fêter au moins cent ans.

 

En cette année avant qu`elle ne passe encore trop vite, nous allons vivre en son temps.  Nous allons dire ces mots faisant écho sur le reste de notre vie.  Nous allons porter les gestes à notre image ou pouvant surprendre.  Nous allons être bons ou méchants au nom de notre douleur.  Nous allons apprendre dans la lumière ou sombrer dans l`ombre de la haine.

 

Nous sommes ces grands voyageurs navigants dans cet espace-temps de 2012 pouvant construire un héritage de printemps rempli d`air pur, de ruisseaux limpides, de terre nourrissante tel un sein, de tendresse et de complicité d`un monde meilleur. Profitant de chaque jour, nous pourrons grandir pour devenir de vrais grands tenant la main de nos enfants.

 

Ainsi quand arrivera 2013 dans mille ans, nous aurons rempli ce temps croyant l`avoir arrêté.  Tout est possible en cette année où nous pouvons toucher le rêve et le ciel.  Voilà ma vision de cette magie du temps nouveau rempli d`espoir et de lumière.

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L`ÂME SANS VISAGE, L`OMBRE D`UNE VIE

femmes-voileesQuand tu n’as pas le droit d’être visible, sans visage, seulement un regard là-bas dans le noir, comme ce masque cachant ton sourire, puis vieillir seule sans témoin de tes rides suite au chemin parcouru.

 

Quand tu rédiges tes mémoires avant que la mort se faufile sans photo en souvenir de toi, que tu n`as pas peur de perdre la sensation du vent et du rayon de soleil sur ta peau pour ne pas l`avoir vécu.

 

Quant ta voix n’a pas de visage sur cette carte où est inscrit ce nom d’une inconnue que personne n’a jamais vu comme une larme si seule dans le noir.

 

Quand ta peine ou ta souffrance ne peuvent se lire et que l’on ne peut demander à l’artiste de venir créer dans tes cheveux les fantaisies de ta personnalité.

 

Quand la chaleur des jours chauds dans ce drap lourd ne te donne pas le droit à cette brise.

 

Toi qui n’as jamais connu le baiser de l’amitié, qui ne peux toucher pour sentir avec tes gants au bout de tes doigts la main de ton enfant ou humer le parfum de la rose.

 

Alors moi, sans voix, ayant le pouvoir de te donner tous ces droits de la vie, je me demande si tu n’es qu’une femme venue ici que pour cet homme osant te dire « je t’aime ».

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UNE ARMÉE ROYALE

royaute1Une dictature est l’antichambre de la démocratie. Le fort domine le faible par la force ou la ruse des mots, des peurs, des espoirs, des besoins et des sentiments d’un peuple. Le savoir, la communication et le rassemblement sortent un peuple de l’ombre d’une dictature.  L’isolement, le manque d’éducation, le mensonge et la violence installant la peur donnent naissance au règne du mal et du pouvoir absolu.

 

L’histoire de l’humanité nous montre le génie du dominant : la prise du pouvoir d’un général au nom d’un peuple, la religion et ses dirigeants faisant parler un dieu pour dicter des lois, les castres, les voiles aux femmes, les péchés et les récompenses à ceux qui croient sans avoir vu ou qui tuent au nom d’un dieu pour le paradis qui aveugle l’homme.

 

La dictature a inventé la monarchie pour passer le pouvoir à ses enfants au sang royal et met son sceau royal à une armée pour que les hommes morts au combat se souviennent de la raison de leur souffrance. Elle ne le fait pas pour ses enfants, sa maison, sa terre ou la liberté, mais pour le roi.

 

Quand un gouvernement, en 2011, contrôle la communication du pouvoir, éloigne de l’ordre du jour le temps alloué à ceux qui informent le peuple et redonne à son armée le nom d’une ancienne dictature, alors il est l’antichambre de la démocratie.

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